Partager l'article ! Elle R.I.P - 1ère partie: Ci-dessous un rêve (pour ne pas dire cauchemard) de ma chère et tendre lors d'une nuit commune... raconté au re ...
Ci-dessous un rêve (pour ne pas dire cauchemard) de ma chère et tendre lors d'une nuit commune... raconté au reveil, j'appréciai le scénario, et lui proposai de le mettre par écris; bonne lecture !
Elle me manquait. Je voulais la revoir, mais je n’avais aucun contact pouvant me mener à elle. Peut-être avais-je une chance, sur ce site Internet où sont regroupés les arbres généalogiques de nombreuses familles, de retrouver sa trace. Je clique, j’enfonce les touches, je me démène devant l’écran pour comprendre le fonctionnement de ces arbres. Il sont divisés en deux catégories : les familles dont les membres vivent encore, et celles d’antan, aujourd’hui archivées. Les graphismes sont étranges : les portraits des personnes vivantes sont en couleur, posés sur des fonds remplis de verdure. A l’inverse, ceux des morts sont en noir et blanc, sur fonds tristes, des maisons délabrées aux paysages urbain à l’abandon. Après avoir taper son nom et son prénom dans la partie indiquée, la fonction recherche du site m’apprends que mon amie est décédée. Elle est méconnaissable sur son portrait; la peau flétrie, les os presque apparents, des ailes sans plume. Un cadavre en putréfaction flottant dans une robe blanche de consistance éthérée. Je me renfonce dans le dossier de mon fauteuil, choquée et déçue à la fois. Cependant, je reste perplexe. J’aurai dû entendre parler de son décès. Quelque chose cloche. Et quand il y a une énigme, je sais qui appeler. J’attrape mon téléphone, et compose le numéro de mon ami Frank. Sa voix semble éloignée de son appareil, et couverte par le vent.
« - Franck ? Je te dérange ? Tu m’entends bien ?
- Oui oui ! Je t’entends ! Que me vaut cet appel ?
- Je… »
…cherche mes mots. Difficile de lui présenter les faits; cette situation loufoque mêle ma curiosité à une tension presque insupportable.
« - Je… Elle me manquait. Je l’ai retrouvé sur Internet… elle… est décédée.
- Comment ??? C’est impossible, nous aurions été prévenu.
- Je sais. C’est pour cela que je t’appelle… c’est… très étrange.
- Cette information, sur sa mort, provient d’où ? »
En lui relatant l’histoire, je réalisais un danger jusque là dormant. Je lui contais alors le cheminement de ma recherche, jusqu’à mon appel. Sur les conseils de Frank, je revenais sur l’arbre généalogique. A ma grande surprise, elle avait disparu, comme si le site avait subit une mise à jour. Cependant, la famille décédée était toujours apparente, et il y avait une adresse. Nous décidions de nous y rendre.
C’est un manoir encerclé par de grands jardins aux herbes hautes. Les murs d’enceinte sont vieux, à l’abandon. La façade est terne, et la hauteur du bâtiment renforce son imposante présence lugubre. Nous passons un portail grinçant, non sans hésitation. Mais Frank me soutien. Il semble autant intrigué que moi par cette affaire, et ensemble nous cultivons le courage d’avancer plus, pour trouver… trouver un indice, n’importe quoi, qui nous mène à elle. La double porte d’entrée massive est entre baillée. Vraiment tout ici nous indique que le manoir est inhabité. Nous entrons sur un vaste hall approfondi par deux rampes d’escalier, s’enfonçant dans l’ombre d’une mezzanine, palier d’un premier étage. L’intérieur n’est pas poussiéreux, il semble entretenu ; le désordre des meubles et des tableaux semble intentionnel. La décoration est d’une autre époque. Je suis de plus en plus effrayée. Nous empruntons le couloir central, derrière une porte de pierre sculptée d’un visage déformé remplissant son cadre, tirant la langue, comme pour nous inviter dans sa gorge affamée. Je ne vois pas comment l’allée se termine. Forcés, nous avançons dans cette semi pénombre, pas à pas sur un tapis trop rouge. Un frisson me parcourt l’échine quand des murmures incompréhensibles glissent dans mon coup tel une brise hivernale. Les murmures s’intensifient, pour devenir des voix. Elles proviennent de derrière nous, et du fond du couloir. Le tapis change alors de forme, s’élargissant sur les murs pour enfin les recouvrir. Je constate avec horreur que nous pataugeons maintenant dans une marre de sang. Je pivote d’un coup, et après une course pour rebrousser chemin, nous nous retrouvons à nouveau dans les jardins. Je regarde Frank reprendre son souffle, courbé en avant, les mains appuyées sur ses genoux. Je ne sais quoi lui dire. Je tremble, presque tétanisée par le spectacle improbable auquel nous venons d’assister. Frank se redresse, et sans tourner la tête, me lance une directive qui me semble au premier abord hors contexte :
« - Il faut que l’on se nourrisse. »
Suite à la surprise, je comprends ce que Frank vient de me sous-entendre. Nous sommes bloqués ici. En y repensant, je n’ai pas vu d’arbre fruitier dans les jardins en venant, et à l’intérieur, un saladier posé sur un buffet dans le hall contenait des pommes grise et flétries. La sensation de mal-être remonte de mon ventre à ma gorge. J’ai envie de vomir, désormais le danger se précise. Et elle ne m’a toujours pas fait signe.
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La suite bientôt !