Quelques mois sans article, pour revenir vers vous avec une nouvelle plus longue et dans un style plus scénarisé (plus de dialogues, plus d'actions...). En voici un petit résumé, puis un lien pour
la télécharger au format pdf, Bonne lecture !
"Victor Van Lloth est un Archevêque extrêmement redouté dans son Diocèse, à cause de son
comportement fanatique. Remarqué par les Enfers et les Cieux, il se retrouve au milieu d'un conflit ancestral entre le bien et le mal. Manipulé et influencé par les deux camps, Victor est perdu
dans ses choix... saura t'il gagner le pardon des Cieux? Ou deviendra t'il un soldat infernal ?"
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Quand on passe la majorité de son temps en la compagnie d'une modèle à la beauté rare - et à l'experience certaine -
c'est un crime de ne pas s'essayer à l'art de la photographie... On tente ?
Je suis presque aveuglée par la Lune. Bien que
les statues aux alentours soient immobiles, je ressens leur présence incommodante. Pendant que je m’assieds sur les marches du perron, Franck s’avance dans le chemin qui mène au portail de
l’entrée. Il tente de l’ouvrir, sans succès. Les mains encore accrochées aux barreaux, il tourne la tête vers moi.
« -On est prisonnier ici ! »
Il s’acharne frénétiquement sur l’entrée, en secouant la porte tel un détenu enragé, jusqu’à essoufflement. Je regarde
vers lui, la tête sous pesée par mes mains, les yeux dans le vide. Je ne dois pas me laisser perturber. Même si ils sont étranges et agressifs, ce ne sont « que » des non vivants. Les
histoires de fantôme sont révolues désormais, le monde entier est au courant de leur existence. Et que c’est pour ceux n’allant pas en paix au moment de leur passage vers la mort, une étape
nécessaire. Elle avait donc une énigme à résoudre, sur son passé. Je me redressai.
« -Franck.
-Quoi ?
-
Il faut retourner à l’intérieur, et la trouver. »
Ses deux mains saisissaient encore les barreaux avec vigueur.
« -Au cas où tu le n’aurais pas remarqué, nous avons été
accueilli avec panache tout à l’heure ! Je n’ai pas envie de forcer le destin ! Me lança Franck, en se retournant.
-
Alors reste là. »
Mes mots claquent dans l’air, sur un ton stoïque, laissant peu de place à une réponse. Il me fixe, les mains ouvertes
vers le ciel. Son regard trahi sa fierté, et son besoin de courage, mais ses principes sont noyés par ma conviction. Les poins fermés, et seule, je retourne dans le hall. La porte du couloir
central était restée grande ouverte. Deux chandeliers sont maintenant allumés en haut des marches sur la gauche de la salle, comme pour me montrer le chemin. De façon inexplicable, je sais que ce
chemin mène vers elle.
Je sens sa présence. Elle est ici. La porte donne sur une longue salle à manger, à peine éclairée par les flammes
vacillante de nouveaux chandeliers espacés sur la table en son centre. Elle est assise à l’autre bout, dans sa robe blanche. Ses cheveux flottent autour d’elle, son teint blafard est en contraste
avec ses yeux d’un noir improbable, et ses doigts sont délicatement posés sur le rebord de la table. Je continue à me rapprocher. Je peux enfin lui dévoiler mes sentiments.
« -Tu m’as tant manqué… »
Son regard me suit au fur et à mesure que je m’avance. Elle reste muette.
« -Dis moi quelque chose… lui dis-je, en
l’implorant. »
Me voilà à genoux devant elle. Je la vois toujours aussi belle, à travers son nouveau visage. Ses formes creuses et sa
peau éthérée ne peuvent masquer mes souvenirs. Plus qu’intacts, mes sentiments amoureux ont redoublés. Ses lèvres esquissent des mouvements très légers.
« -Penses tu pouvoir m’oublier…
maintenant ? »
Sa voix résonne dans la pièce, dans un écho glissant autour de moi comme un coup de vent. Je tremble, non par peur. Je
suis blessée. Pourquoi est elle si dure ? Son regard est froid. J’ai envie de pleurer.
« -Mais pourquoi tu me
dis ça ? Lui répondis-je dans un souffle chancelant. »
Je pose mes mains sur ses genoux, et de désarrois, laisse aller ma tête en avant. Une larme termine sa descente le long
de ma joue, pour chuter sur le plancher. Sa main soulève mon menton délicatement, jusqu’à ses yeux. Elle est glaciale.
« -Libère moi… ton amour, et ton manque me retiennent ici. Je
suis lasse. »
Les sanglots remontent dans ma gorge, comme une envie de vomir. Il m’est impossible de réaliser son souhait. Il n’y a
pas de boutons marche ou arrêt pour les sentiments.
« -Mais enfin, je ne peux pas ! M’écriai-je en
pleurant. Comment veux tu que j’arrête de t’aimer? Je ne peux pas faire ça en un claquement de doigts !
-Je me libère, dans ce cas. Et tu prends ma place. »
Ses mots coupent mon souffle, et mes sanglots. Maintenant j’ai peur. Et quand je vois son autre main saisir un des
couteaux de table, je suis paralysée. Son bras défini lentement un cercle pour s’arrêter au dessus de ma tête.Elle rabat l’arme dans ma nuque. Je vois mon sang éclabousser sa robe, sans la tacher. Je m’écroule à ses pieds… je perds connaissance…
A mon réveil, elle n’est plus là. Je me relève aisément. Je réalise que je viens de passer de l’autre coté, car plus
aucun poids physique ne me retient. Mon corps gît à mes pieds. Mes émotions sont différentes ; Alors que la tristesse doit logiquement m’envahir, j’ai un sentiment de… d’emprisonnement. Je
manque d’air, alors que je ne respire pas. Une sorte de frustration ancrée me transperce le cœur, à la place de ce qu’étaient mes battements. C’est insupportable.
Franck
perds patience. Il dois retrouver Vanessa. Il s'en voudrait toute sa vie si il lui arrivait quelque chose.
« -Franck ? Je suis au premier étage, rejoins
moi ! »
C’était la voix de Vanessa, dans sa tête. Sans hésitation, il entrai à nouveau dans le manoir.
Ci-dessous un rêve (pour ne pas dire cauchemard) de ma chère et tendre lors d'une nuit commune... raconté au
reveil, j'appréciai le scénario, et lui proposai de le mettre par écris; bonne lecture !
Elle me manquait. Je voulais la revoir, mais je n’avais aucun contact pouvant me mener à elle. Peut-être
avais-je une chance, sur ce site Internet où sont regroupés les arbres généalogiques de nombreuses familles, de retrouver sa trace. Je clique, j’enfonce les touches, je me démène devant l’écran
pour comprendre le fonctionnement de ces arbres. Il sont divisés en deux catégories : les familles dont les membres vivent encore, et celles d’antan, aujourd’hui archivées. Les graphismes
sont étranges : les portraits des personnes vivantes sont en couleur, posés sur des fonds remplis de verdure. A l’inverse, ceux des morts sont en noir et blanc, sur fonds tristes, des
maisons délabrées aux paysages urbain à l’abandon. Après avoir taper son nom et son prénom dans la partie indiquée, la fonction recherche du site m’apprends que mon amie est décédée. Elle est
méconnaissable sur son portrait; la peau flétrie, les os presque apparents, des ailes sans plume. Un cadavre en putréfaction flottant dans une robe blanche de consistance éthérée. Je me renfonce
dans le dossier de mon fauteuil, choquée et déçue à la fois. Cependant, je reste perplexe. J’aurai dû entendre parler de son décès. Quelque chose cloche. Et quand il y a une énigme, je sais qui
appeler. J’attrape mon téléphone, et compose le numéro de mon ami Frank. Sa voix semble éloignée de son appareil, et couverte par le vent.
« - Franck ? Je te dérange ? Tu m’entends bien ?
- Oui oui ! Je t’entends ! Que me vaut cet
appel ?
- Je… »
…cherche mes mots. Difficile de lui présenter les faits; cette situation loufoque mêle ma curiosité à une tension
presque insupportable.
« - Je… Elle me manquait. Je l’ai
retrouvé sur Internet… elle… est décédée.
- Comment ??? C’est impossible, nous aurions été
prévenu.
- Je sais. C’est pour cela que je t’appelle… c’est… très
étrange.
- Cette information, sur sa mort, provient
d’où ? »
En lui relatant l’histoire, je réalisais un danger jusque là dormant. Je lui contais alors le cheminement de ma
recherche, jusqu’à mon appel. Sur les conseils de Frank, je revenais sur l’arbre généalogique. A ma grande surprise, elle avait disparu, comme si le site avait subit une mise à jour. Cependant,
la famille décédée était toujours apparente, et il y avait une adresse. Nous décidions de nous y rendre.
C’est un manoir encerclé par de grands jardins aux herbes hautes. Les murs d’enceinte sont vieux, à l’abandon. La
façade est terne, et la hauteur du bâtiment renforce son imposante présence lugubre. Nous passons un portail grinçant, non sans hésitation. Mais Frank me soutien. Il semble autant intrigué que
moi par cette affaire, et ensemble nous cultivons le courage d’avancer plus, pour trouver… trouver un indice, n’importe quoi, qui nous mène à elle. La double porte d’entrée massive est entre
baillée. Vraiment tout ici nous indique que le manoir est inhabité. Nous entrons sur un vaste hall approfondi par deux rampes d’escalier, s’enfonçant dans l’ombre d’une mezzanine, palier d’un
premier étage. L’intérieur n’est pas poussiéreux, il semble entretenu ; le désordre des meubles et des tableaux semble intentionnel. La décoration est d’une autre époque. Je suis de plus en
plus effrayée. Nous empruntons le couloir central, derrière une porte de pierre sculptée d’un visage déformé remplissant son cadre, tirant la langue, comme pour nous inviter dans sa gorge
affamée. Je ne vois pas comment l’allée se termine. Forcés, nous avançons dans cette semi pénombre, pas à pas sur un tapis trop rouge. Un frisson me parcourt l’échine quand des murmures
incompréhensibles glissent dans mon coup tel une brise hivernale. Les murmures s’intensifient, pour devenir des voix. Elles proviennent de derrière nous, et du fond du couloir. Le tapis change
alors de forme, s’élargissant sur les murs pour enfin les recouvrir. Je constate avec horreur que nous pataugeons maintenant dans une marre de sang. Je pivote d’un coup, et après une course pour
rebrousser chemin, nous nous retrouvons à nouveau dans les jardins. Je regarde Frank reprendre son souffle, courbé en avant, les mains appuyées sur ses genoux. Je ne sais quoi lui dire. Je
tremble, presque tétanisée par le spectacle improbable auquel nous venons d’assister. Frank se redresse, et sans tourner la tête, me lance une directive qui me semble au premier abord hors
contexte :
« - Il faut que l’on se
nourrisse. »
Suite à la surprise, je comprends ce que Frank vient de me sous-entendre. Nous sommes bloqués ici. En y repensant, je
n’ai pas vu d’arbre fruitier dans les jardins en venant, et à l’intérieur, un saladier posé sur un buffet dans le hall contenait des pommes grise et flétries. La sensation de mal-être remonte de
mon ventre à ma gorge. J’ai envie de vomir, désormais le danger se précise. Et elle ne m’a toujours pas fait signe.
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